Guide du plancher boisUn plancher bois associe une structure (poutres, solives ou caissons) et une plate-forme faite de panneaux, de platelages ou de dalles, avec des vides de construction entre les deux. C'est un ouvrage résistant, économique et léger, qui convient au résidentiel comme au tertiaire. Composants d'une installation solaireLes solives, de section rectangulaire, reposent sur les murs porteurs ou sur des poutres maîtresses. Leur section et leur espacement, l'entraxe, souvent 40 à 60 centimètres, déterminent la portée admissible. Le platelage, cloué ou vissé sur les solives, forme la surface : panneaux à rainure et languette, plancher massif, ou dalles techniques. Il assure aussi le contreventement du plancher. Le vide entre solives reçoit l'isolant thermique ou acoustique, et permet le passage des réseaux, c'est un avantage considérable en rénovation, où l'on évite les saignées. Portée d'un plancher en boisC'est le calcul central. Elle dépend de l'essence et de la classe mécanique du bois, de la section des solives, de l'entraxe, et des charges, poids propre, charge d'exploitation, cloisons portées. Le critère limitant n'est presque jamais la rupture : c'est la déformation. Un plancher qui fléchit trop reste sûr et devient désagréable, les objets vibrent, les cloisons fissurent, les carrelages se décollent. Les règles de calcul limitent donc la flèche à une fraction de la portée. Le second critère est la vibration : un plancher trop souple transmet les pas et donne une sensation de rebond. Il se corrige par un entretoisement entre solives, qui fait travailler l'ensemble solidairement. L'acoustiqueC'est le point faible historique des planchers bois, et il se traite. Deux transmissions se distinguent. Le bruit aérien (voix, musique) s'arrête par la masse et par la désolidarisation. Le bruit d'impact, pas, chute d'objet, se traite à la source, par une chape flottante ou une sous-couche résiliente sous le revêtement. La solution qui fonctionne associe trois éléments : un isolant fibreux entre solives, une masse ajoutée (chape sèche, panneau lourd), et un plafond suspendu sur suspentes antivibratiles, désolidarisé de la structure. C'est cette dernière désolidarisation qui fait la différence, et c'est celle qu'on supprime en premier quand on rogne sur le budget. Plancher chauffant sur boisC'est possible et cela demande de la méthode. Les systèmes à faible épaisseur, sur plaques à plots ou sur panneaux rainurés avec diffuseurs métalliques, se posent sur un plancher bois sans chape lourde. Trois précautions : vérifier la capacité portante avant d'ajouter une chape, prévoir la dilatation du bois soumis à des cycles de température, et respecter la mise en chauffe progressive avant la pose du revêtement. Le parquet posé dessus doit être compatible, en essence stable et en épaisseur limitée. Rénover un plancher ancienTrois pathologies dominent. L'attaque biologique, insectes xylophages, champignons, qui se concentre aux abouts de solives, là où ils entrent dans le mur et où l'humidité est la plus forte. C'est le point à sonder en premier. Le sous-dimensionnement, quand l'usage a changé : un grenier devenu chambre supporte des charges pour lesquelles il n'a pas été calculé. Et l'affaissement, par tassement des appuis ou par fluage du bois sous charge prolongée. Les renforcements possibles vont du moisage, doubler chaque solive par une pièce jumelée, à l'ajout d'une poutre intermédiaire qui divise la portée, en passant par la connexion bois-béton, qui associe une dalle mince à la structure existante et multiplie sa rigidité. Dans tous les cas, un diagnostic structurel préalable s'impose : un plancher n'est pas un ouvrage sur lequel on improvise. |